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…inachevée

Je ne veux pas que tu disparaisses

Comme les cercles dans l’eau endormie de la veille

Mais tu coules soudain sous une terre inconnue

Vidée par les puits du lendemain

Qui nourrissent l’un-l’autre avec des souvenirs

et l’onde d’un parfum refroidi

Des puits tombés sur le coté comme des têtes retournées

Des saules enceintes de soldats endormis

Comme l’avenir et les lisières refroidies

de la tristesse

Je ne sais pas où te poser

Si je t’enfermais dans des flacons limpides de langueur

En portions rares, solubles, adoucies

Avec des étiquettes blanches et carrés d’assoupissement

« gaz cuit », « rouge », « se libère telle la nuit »

« larmes dessinées » , « étourdissement fleuri »,

« curiosité à l’eau du bord de la fenêtre »,

« rêve à peine réveillé »… « rouge de pomme grenade »… !

Mes petites bouteilles touchées par la malaria

des heures rendues et des miettes des mots

Me rassemblent autour de leurs mois

Doucement fébriles

Comme l’éclat d’une forme appelle le joailler

Et ta voix se casse sur ses parois

qui palpitent sans bouger

En les rafraichissant et brisant et effrayant

Ta voix, qui est ma pensé pour toi

Une cloche de glace et de sable

Pendue sur une page qui grandit

Tient mon sommeil qui réveille les lendemains

Vaincus

Des lettres qui viennent timides se placer

sur la blancheur, avec toi

et dans les lignes parallèles du destin

Je ne veux pas que tu disparaisses

Comme le visage du désert dans soi-même

Mais tu t’enfuis si palpable

Dans un temps sans vie

vide de l’horizon du présent

qui se ramasse autour de moi

sévèrement distrait

et m’encercle pour que je devienne lui-même

Un instant large et dense

ivre et dément

…et à coté la syringe pleurante

où tu t’es trouvé l’espace d’une seconde!…

je reconnais

Je reconnais les femmes que tu vas aimer

de par leur tressaillement quand tu passes

de par leur étourdissement quand tu parles

de par leur petite lumière en train de s’éteindre

~

Je reconnais les femmes que tu viens d’aimer

de par leur absence en ton absence

de par leur tressaillement quand je passe

de par leur silence pendant ton silence

~

Je reconnais les femmes que tu as aimé

de par leur air déçu quand tu es là

de par leur sourire face au beau monde

de par leur façon de se sentir seules

en ton absente présence

~

Je reconnais…

Dans la petite maison

avec du soleil dedans et du brouillard dehors

les images se posent doucement

tel l’eau du robinet oublié ouvert

après une nuit de fête

Je les sens seulement lorsqu’elles mouillent mes pieds

et je respire le parfum doux de la blanche lumière de la bougie

au lieu du café…

~

Je dois ouvrir le fenêtres

Je dois partir vers un nouveau lieu

jusqu’à ce qu’ils me retrouvent

mon imagination sur la tienne

et mon désir qu’on ne sait pas encore si vrai ou pas

car impossiblement réalisable

Ce soupçon de désir donc…

~

Je dois trouver un grand endroit

plein de terre poreuse verticale

semée de pleins de visages inconnus

lisant le cahier d’inquisition hispanique médiévale

ou bien le cahier de linguistique hispanique médiévale

(Dans les deux cas leur gorges me censurent, fatales)

Je dois sortir…

lumières humides

En silence

Dans la tête

Virtuellement

 

Le parfum menaçant des tilleuls

qui reste suspendu sur ton souffle

L’espace où tu vis est

et gèle

de temps en temps

et les doigts communs

se dissolvent sans te toucher

Terreur blanche et tendre

qui sublime les vapeurs du désir

Orchidées de tissus étendus

Dans une langueur transparente

 

Arche d’un violon pas encore sculpté

conçu dans le cœur des ombres

et du bois de souvenir

ta voix, plus vraie que tout sentiment

se frotte contre l’air et produit

mes regards qui meurent l’un après l’autre

sur ton giron dans le cadre

en souffle tombant.

 

Lumière bleue qui pile ma membrane

en cristaux étourdis

qui s’accrochent à l’éther

avec des dents

et des cris soumis

en donnant forme

à un nouveau corps, de nuit et d’arcs-en-ciel,

rosée, cils et feux invisibles

le corps phosphorescent,

mien et le mien

qui me transforme en son âme

et me retient dans un regard

m’emmène là ou ruelles et passages

lits et rebords des fenêtres sont encore

vrais

… et toi, tu n’as pas encore dormi

sur ma poitrine…

achevée (sans toi)

 

allumettes

 

Des fils de miel se détachent de mes yeux

Des fils de lumière

courts tels des cheveux communistes

Créent en partant

derrière des guides déjà de retour

Loin

Plus loin que ton absence bleue

remplie de souffle imaginaire

et des feux que tu dessines

sur des boites d’allumettes

Celles que je t’offre

comme trophée pour les mots doux

Des sons qui se retransforment en lettres

sages

comme l’enfant que tu ne l’est pas

S’accrochent sur les murs de mon musé

dont je suis devenue

la muse…

Languissant

Des millions d’éclats d’âme

s’enfuient de moi

S’accrochent aux rais du soleil

vers des pays d’outre-mer

Languissants, cherchent

des soupçons de parfums jamais connus

des sons d’airs jamais entendus

des frissons de caresses jamais reçues

Autour de cafés jamais bus

leur confessent

mes journées

les nuits sans eux

des secrets doux

des vérités amères

S’étreignent ensuite

dans des millions de tangos étourdissants

Dans des millions de micro-extases enivrantes

brulent

Sur mes cheveux retombent

en cendres blanches.