Je ne veux pas que tu disparaisses
Comme les cercles dans l’eau endormie de la veille
Mais tu coules soudain sous une terre inconnue
Vidée par les puits du lendemain
Qui nourrissent l’un-l’autre avec des souvenirs
et l’onde d’un parfum refroidi
Des puits tombés sur le coté comme des têtes retournées
Des saules enceintes de soldats endormis
Comme l’avenir et les lisières refroidies
de la tristesse
Je ne sais pas où te poser
Si je t’enfermais dans des flacons limpides de langueur
En portions rares, solubles, adoucies
Avec des étiquettes blanches et carrés d’assoupissement
« gaz cuit », « rouge », « se libère telle la nuit »
« larmes dessinées » , « étourdissement fleuri »,
« curiosité à l’eau du bord de la fenêtre »,
« rêve à peine réveillé »… « rouge de pomme grenade »… !
Mes petites bouteilles touchées par la malaria
des heures rendues et des miettes des mots
Me rassemblent autour de leurs mois
Doucement fébriles
Comme l’éclat d’une forme appelle le joailler
Et ta voix se casse sur ses parois
qui palpitent sans bouger
En les rafraichissant et brisant et effrayant
Ta voix, qui est ma pensé pour toi
Une cloche de glace et de sable
Pendue sur une page qui grandit
Tient mon sommeil qui réveille les lendemains
Vaincus
Des lettres qui viennent timides se placer
sur la blancheur, avec toi
et dans les lignes parallèles du destin
Je ne veux pas que tu disparaisses
Comme le visage du désert dans soi-même
Mais tu t’enfuis si palpable
Dans un temps sans vie
vide de l’horizon du présent
qui se ramasse autour de moi
sévèrement distrait
et m’encercle pour que je devienne lui-même
Un instant large et dense
ivre et dément
…et à coté la syringe pleurante
où tu t’es trouvé l’espace d’une seconde!…
bien, j’aime cette poésie.
félicitation.
merci!